Studio Pollen - Fleuriste de mariage à Fougères
Certaines personnes trouvent leur voie très tôt. Pour d’autres, il faut plusieurs étapes avant que tout fasse enfin sens.
Aujourd’hui, Claire est fleuriste de mariage à Fougères. Elle compose des bouquets et des installations florales pour des mariés en Bretagne, en travaillant main dans la main avec les fermes florales du coin. Mais avant Studio Pollen, il y a d’abord sept ans dans le secteur social, à accompagner des jeunes en insertion professionnelle. Un chemin qui peut sembler loin des fleurs… et pourtant. En discutant avec elle, on comprend vite que le fil conducteur a toujours été le même : l’envie d’accompagner les autres, de créer du lien et de faire les choses avec sincérité.
Ce même fil se retrouve dans sa manière de travailler aujourd’hui : des fleurs françaises et locales autant que possible, de vraies relations avec les producteurs qu’elle visite chaque semaine, et surtout, des mariés heureux à chaque étape du projet.
Elle nous raconte son parcours, sa manière de sourcer ses fleurs auprès des fermes florales bretonnes, et sa façon d’accompagner les mariés, du premier rendez-vous jusqu’au bouquet remis le jour J.
Un parcours tourné vers l’humain… et déjà un peu vers la création
« J’ai fait une seconde générale avec une spécialisation SES avec l’intention de poursuivre vers un bac ES, option Arts plastiques. Avec le recul, je me rends compte que j’avais déjà ce petit côté créatif. J’ai toujours aimé les arts plastiques, même si, je ne m’imaginais pas du tout en faire mon métier. J’ai redoublé ma seconde parce qu’à l’époque, il fallait avoir suivi cette option pour intégrer le bac que je voulais. Et finalement… il y a eu une réforme qui a supprimé l’option ! (Rires) J’ai donc redoublé une année pour rien. Bon, entre nous, ça ne m’a pas fait de mal ! (Rires)
Après mon bac ES, avec une option Sciences Po et une option facultative Arts plastiques, je ne savais pas vraiment vers quoi m’orienter. J’ai intégré un BTS Économie sociale et familiale à Nantes pour devenir travailleuse sociale. Le métier m’attirait vraiment, mais le BTS… beaucoup moins ! (Rires) C’était un peu la formation de la parfaite ménagère : on apprenait la cuisine, le fonctionnement de l’électroménager, etc. En réalité, ça avait du sens, puisqu’on devait accompagner des familles dans leur quotidien. Aujourd’hui encore, je peux vous expliquer comment fonctionne un frigo ! (Rires)
Il fallait ensuite effectuer une troisième année afin d’obtenir le diplôme d’État de conseillère en économie sociale et familiale. C’est ce qui m’intéressait réellement.
Entre-temps, j’ai fait un service civique à la Croix-Rouge pendant un an, une expérience que j’ai adorée. J’y suis d’ailleurs restée bénévole pour participer aux maraudes auprès des personnes sans-abri. J’ai toujours aimé m’investir dans des associations. Je suis moins disponible depuis que je suis maman, mais ça a longtemps fait partie de ma vie.
Au sein d’une association créée quand j’étais au collège, j’ai participé à plusieurs voyages solidaires à Madagascar et en Haïti pour rénover des écoles avec les habitants. Je suis partie une première fois à 17 ans, puis à nouveau quelques années plus tard. C’était une vraie démarche de partage : on travaillait ensemble, ils nous apprenaient plein de choses. Ça a été une expérience très riche en émotions, qui m’a fait grandir et m’a appris à relativiser beaucoup de choses. Avec le recul, je pense que ça influence encore aujourd’hui ma manière de travailler. C’est aussi pour ça que j’essaie de faire des choix les plus éthiques et écoresponsables possible.
En parallèle, j’étais également bénévole chez Pick Up Production, une association nantaise qui organise notamment le festival Hip Opsession. J’adorais retrouver ce côté créatif à travers les concerts, les expositions et les installations artistiques.
J’ai ensuite obtenu mon diplôme d’État, avant de rejoindre la Mission locale de Fougères, où je suis restée sept ans. J’y accompagnais des jeunes de 16 à 25 ans dans leur insertion sociale et professionnelle. C’était chouette et vraiment intéressant. Mais psychologiquement, il fallait être à 300 % en permanence. Au fil des années, je ne me retrouvais plus dans ce qu’on me demandait au travail. Les missions évoluaient et s’éloignaient de ma vision de l’accompagnement. Je ne dis pas que je n’y retournerai jamais, parce que c’est un métier qui me manque encore aujourd’hui, mais j’avais besoin de travailler autrement.
J’ai alors entrepris un bilan de compétences, et le premier résultat était : travailleuse sociale ! (Rires) Mais un autre métier revenait aussi : fleuriste. Et effectivement, ça m’avait toujours attirée.
Devenir fleuriste de mariage à Fougères : la naissance de Studio Pollen
J’ai profité de mes congés pour faire un stage en boutique et ça a été une révélation. Je partais vraiment de zéro : je ne connaissais rien aux fleurs. Découvrir la matière, les variétés, leurs noms, la saisonnalité… j’ai trouvé ça passionnant. J’ai ensuite demandé une disponibilité pour préparer un CAP Fleuriste en apprentissage. Cette année m’a énormément appris. Mon ancienne patronne et ma collègue m’ont très vite fait confiance et ont été d’excellentes formatrices. Je les remercie encore aujourd’hui, parce que je suis sortie de mon CAP avec une mention Très Bien et un bon niveau.
Pendant cette année, je me suis également rendu compte qu’il y avait des choses que j’aimais et d’autres beaucoup moins. En venant du social, c’était difficile de ne pas avoir envie d’apporter mes propres valeurs dans ma façon de travailler. À la fin de mon CAP, en 2024, ma disponibilité arrivait à son terme. J’ai demandé une rupture conventionnelle, c’était le bon moment pour me lancer.
Au départ, j’imaginais vendre des fleurs locales sur les marchés. Puis j’ai réalisé que plusieurs fermes florales le faisaient déjà. C’est ma cousine, Léna, de Plume Event, qui m’a encouragée à me tourner vers le mariage. Moi, j’avais encore ce syndrome de l’imposteur avec mon CAP. Puis j’ai fleuri le mariage de proches… et j’ai adoré. Je me suis fait accompagner dans la création de mon entreprise, Léna m’a beaucoup aidée, et j’ai finalement lancé Studio Pollen en janvier 2025.
Lors de cette première saison, j’ai travaillé comme freelance pour Camomille et Chez Clara. C’était une super expérience, parce que j’ai pu voir leur façon de travailler au quotidien. J’ai appris énormément à leurs côtés. Camille, par exemple, est quelqu’un de très, très organisé… je ne pourrai jamais rivaliser avec son organisation ! (Rires) Ça m’a aussi permis de découvrir plein de lieux de réception. La première année, j’ai fleuri huit mariages. En 2026, j’en accompagne déjà trente-deux.
Ce que j’aime le plus, c’est que les gens sont heureux. Pour quelqu’un qui vient du travail social, je trouve que la transition est plutôt sympa ! (Rires)
Le choix des fleurs françaises et locales en Bretagne
Depuis le début, je fais partie du Collectif de la Fleur française. C’était vraiment important pour moi, j’avais envie de travailler avec des fermes florales du secteur. Quand je passe mes commandes, je source toujours en priorité les fermes locales. Si je ne trouve pas ce dont j’ai besoin, je passe par un fournisseur classique, qui propose de plus en plus de fleurs françaises. L’été, j’utilise à 90 ou 95 % de fleurs françaises.
Globalement, j’arrive à trouver tout ce qu’il me faut dans les fermes alentours. Elles ne cultivent pas les mêmes variétés, donc elles sont très complémentaires. Il existe aussi un collectif de floriculteurs bretons qui se réunit à Rennes deux fois par semaine. Je peux leur passer commande et récupérer toutes mes fleurs au même endroit, ce qui facilite énormément les choses.
Cette approche demande un peu plus d’organisation, mais je la préfère largement. Plutôt qu’un camion qui me livre des fleurs venues de Hollande, je vais directement rencontrer les producteurs. Ça crée de vraies relations. Hélène de la ferme An Avel, par exemple, est devenue une amie. Elle m’apprend énormément sur la culture des fleurs et leur saisonnalité.
La plupart des fleurs que j’achète sont bio, ce qui me permet de travailler sans gants. Bien sûr, si des mariés ont un coup de cœur pour une variété bien précise que je ne peux pas trouver en France, je peux faire une exception. Mais, autant que possible, je privilégie toujours les fleurs françaises ou à défaut, les productions européennes.
Parfois, à la ferme ou chez un fournisseur, je tombe sur une variété que je n’avais pas prévue… et ça, c’est mon vice ! (Rires) J’ai beau arriver avec ma liste, si je repère une petite pépite, impossible d’être raisonnable : je craque à tous les coups !
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© Baptiste Hauville
© Baptiste Hauville
© Baptiste Hauville
Un accompagnement sur mesure, du premier rendez-vous au jour J
Quand de futurs mariés me contactent, on commence toujours par un premier rendez-vous, autour d’un café ou en visio s’ils sont loin. Je n’ai pas de tarifs prédéfinis, parce que tout dépend du projet : la taille du bouquet, les variétés de fleurs, les couleurs, les compositions… Chaque mariage est différent.
Pendant ce premier échange, on parle de leurs envies, de leurs besoins, mais aussi de leur budget. Ça me permet de leur faire une proposition cohérente. Je leur envoie ensuite un devis accompagné d’une planche d’inspiration, pour être sûre qu’on s’est bien compris. Je précise toujours que rien n’est figé : le projet peut évoluer jusqu’au mariage, tout en faisant en sorte de respecter leur budget.
Une fois cette première base posée, ils peuvent me recontacter à tout moment s’ils ont envie de modifier certaines choses ou si leurs besoins évoluent. On échange souvent de manière très naturelle, par messages ou sur Instagram. Environ un mois avant le mariage, je leur propose une visio pour refaire le point ensemble. On reprend le devis dans son intégralité pour voir s’il y a des éléments à modifier, à ajouter ou à enlever. C’est aussi l’occasion de revoir toute l’organisation du jour J.
Je leur demande systématiquement quelles sont les fleurs qu’ils aiment… et celles qu’ils n’aiment surtout pas ! Mon objectif, c’est d’intégrer au maximum celles qu’ils adorent. En revanche, je ne peux pas toujours garantir une variété en particulier. En travaillant avec des fermes florales locales, je compose aussi avec les saisons et la météo. Lors de notre rendez-vous un mois avant le jour J, je sais déjà ce qui sera disponible et je peux leur proposer des alternatives si nécessaire. Certains me laissent même carte blanche… ça, j’adore !
J’installe ensuite les fleurs le vendredi ou le samedi, selon le planning des mariages et la météo. Lorsqu’il fait très chaud, l’une des fermes florales avec lesquelles je travaille me prête sa chambre froide. C’est aussi ça, l’avantage de travailler en local : il y a une vraie entraide. Je me déplace jusqu’à environ 2 h autour de fougères, mais je ne suis pas fermée, si c’est un projet très chouette et que c’est un peu plus loin… pourquoi pas !
Ce que j’aime le plus, c’est accompagner un projet du début à la fin. Et il y a un moment que j’adore particulièrement : celui où je remets son bouquet à la mariée.
© Morgane Damex
© Morgane Damex
© Morgane Damex
Un style floral qui se construit au fil des saisons
En ayant travaillé en boutique, on est forcément influencé par le style floral de la personne qui la tient. La première fois que j’ai dû choisir moi-même les variétés de fleurs, je me suis rendu compte qu’il y en avait énormément que je ne connaissais pas, tout simplement parce que ce n’était pas moi qui passais les commandes. J’ai donc dû réapprendre : trouver les fournisseurs avec qui j’avais envie de travailler, choisir les variétés qui me plaisaient, construire petit à petit mon propre univers.
Je trouve que c’est quelque chose qui prend du temps. Aujourd’hui, j’ai la sensation de me rapprocher d’un style qui me correspond, mais je pense qu’il évoluera toujours. Il m’arrive encore de grogner et de recommencer un bouquet dix fois parce que quelque chose ne me plaît pas. (Rires)
En revanche, j’adore créer de grandes compositions volumineuses. C’est vraiment ce que je préfère. Je trouve que certaines fleuristes ont une vraie patte, on reconnaît tout de suite leurs compositions, et je trouve ça très inspirant.
J’ai envie de continuer à me former. Mon objectif, ce serait de faire un workshop ou une formation tous les ans ou tous les deux ans. Ça me permettrait de rester à jour, découvrir de nouvelles techniques en fleuristerie, mais aussi d’aller encore plus loin dans ma démarche écoresponsable, notamment sur le zéro déchet, un sujet qui me tient particulièrement à cœur.
J’aime aussi beaucoup travailler avec de vieux objets, parce que je trouve qu’ils racontent une histoire. J’adore passer du temps chez Emmaüs, dans les brocantes ou les vide-greniers à chiner de vieux vases. J’aime quand rien n’est parfaitement assorti, quand les objets sont dépareillés. Et puis j’ai une vraie passion pour les tasses ! (Rires)
© Charly’s Studio
© Mia dans la Lune
© Mia dans la Lune
Le conseil de Claire aux futurs mariés
Je conseille aux futurs mariés de choisir une fleuriste qui leur ressemble. Je recommande toujours de demander plusieurs devis, parce que le feeling est vraiment important. Il faut réussir à bien s’entendre, à se comprendre et à se projeter ensemble.
Grâce à mon ancien métier, je suis plutôt dans une écoute active, mais cette relation de confiance doit être réciproque.
J’aime aussi que les futurs mariés arrivent avec des inspirations, des choses qu’ils aiment… et d’autres qu’ils n’aiment pas. Ça permet d’avoir une base de discussion. Mais je trouve ça tout aussi chouette de partir d’une page blanche et de construire un projet ensemble.
Et surtout, je leur dirais de ne pas se laisser dépasser par le stress. Il faut réussir à lâcher prise et profiter de cette belle aventure.
Les mariés qui viennent vers moi connaissent généralement déjà ma démarche et mon approche. Je pense que c’est aussi pour ça que ça fonctionne si bien. »
© Léa Navidi
© Léa Navidi
La certitude d'avoir trouvé sa place
Cela fait deux ans maintenant que j’ai relancé mon activité. Il y a des moments où je doute, surtout l’hiver, quand il ne se passe pas grand-chose. Mais j’aime trop ce que je fais. À chaque fois que j’ai de nouveaux mariés au téléphone, je suis hyper contente. J’adore ce contact.
Et puis il y a leurs réactions le jour J… les yeux éblouis, parfois les larmes devant la décoration. C’est fou ce qu’on peut créer comme émotion avec des fleurs. Mon côté fleur bleue est aux anges. Mais ça, je m’en suis rendu compte il y a longtemps. Le mariage, c’est vraiment fait pour moi. C’est ce que j’aime faire.
Je reçois parfois des photos des mariées avec leur bouquet le jour J. Il y a un vrai lien qui se crée. Quand je vois leur émotion, je me dis que j’ai bien fait mon travail. Et puis il y a des couples que j’accompagne dans la durée, du mariage civil jusqu’au mariage religieux l’année suivante. On passe parfois un an et demi à échanger, à discuter de détails, de la couleur d’un ruban… (Rires)
Tous ces petits moments, ces échanges, je vis pour ça. C’est ce qui me motive au quotidien. C’est l’émotion, tout simplement.
Le conseil d’Oriane aux futurs mariés
Je pense qu’il faut choisir des prestataires en qui l’on peut avoir pleinement confiance. Le meilleur mariage, c’est celui où les mariés n’ont rien à gérer. Ils peuvent compter sur les personnes qu’ils ont choisies, et chacun fait son métier. Il y a beaucoup de feeling. Si on le sent bien, si l’on se sent en confiance, il faut y aller. Et lâcher prise. Oser confier les rênes à quelqu’un d’autre. Parce que derrière, c’est à nous de gérer les petites galères. »
© Chloé Richard
© Marie Blouin
© Marie Blouin
© Claire Huteau
© Claire Huteau
© Claire Huteau
© Claire Huteau
© Claire Huteau
© Claire Huteau
© Les Cailloux de Coline
© Les Cailloux de Coline
© Claire Huteau
© Léa Navidi
© Christophe Larçon
© Sweet Memories
© Charly's Studio
© Lua Photographie
© Sème le Soleil
© Sème le Soleil
Les prestataires recommandés par Oriane
Eklic Studio : Vidéaste. « J’ai adoré la vidéo qu’il a faite d’un mariage que j’ai fleuri l’année dernière. »
Akilée : Traiteur. « Elle est incroyable ! J’ai goûté ce qu’elle fait, c’est tellement bon ! C’est bon et c’est très beau. »
Baptiste Hauville : Photographe. « J’ai fait un shooting avec Baptiste, j’aime beaucoup sa façon de travailler. Il est incroyable et j’adore ses photos depuis très longtemps. »
Les Cailloux de Coline : Photographe. « Ses photos sont très jolies, très douces. »
Mia Dans la Lune : Photographe. « Camille fait de très belles photos. »
Bonjour Gâteau : Wedding cake. « Incroyable ! Je n’ai jamais mangé un tiramisu comme ça. Elle ose plein de choses elle prend des risques, j’aime bien. Elle est hyper gentille. Elle improvise elle est hyper créative. J’adorerais retravailler avec elle ! »
Typhaine Cochetel : Make up artist. « Elle est hyper douce, très gentille. »
Léa Leclerc : Make up artist.
Manoir de la Bégaudière : Lieu de réception. « Clément et Anne Marie sont tops, ils ont repris le domaine l’an dernier et les lieux sont typiques vieilles pierres. »
Château de Miniac : Lieu de réception. « J’y suis allée récemment, c’était une super expérience. La salle tout en drapé apporte quelque chose de différent. »