Les Gens Heureux - Traiteur de mariage à Lorient
Rencontre avec Marie Bernard
Pour Marie, la cuisine ne faisait pas vraiment partie du programme. Après des études dans les métiers du livre et plusieurs expériences professionnelles, c’est presque par hasard qu’elle commence à préparer des gâteaux pour ses collègues. De quelques pâtisseries partagées au travail à un CAP, puis des extras chez des traiteurs, son parcours prend progressivement une tout autre direction.
Aujourd’hui cheffe privée et traiteur de mariage à Lorient, Marie a trouvé dans la cuisine ce qu’elle cherchait sans forcément le savoir : de la liberté, de la créativité et, surtout, du lien avec les autres.
Pour les mariages, elle imagine des menus entièrement sur mesure, nourris par les goûts des mariés, mais aussi par leur histoire. Un souvenir d’enfance, un plat découvert en voyage, une saveur associée à un moment à deux… autant de petites choses dans lesquelles elle vient piocher pour créer une cuisine inspirée du monde, généreuse et pleine de surprises.
Marie privilégie les mariages en petit comité, autour de buffets, de cocktails dînatoires et de plats à partager. Pas de carte toute faite : les produits de saison, les épices et les envies de chaque couple donnent le ton.
Rencontre avec une cheffe qui a fait quelques détours avant de trouver sa voie, mais qui sait aujourd’hui qu’elle ne changerait de métier pour rien au monde !
© Mathieu Alemany
De la pâtisserie au métier de cheffe privée
Je viens de Bourgogne, de Chalon-sur-Saône, et je suis arrivée à Lorient en 2019. Petite, j’avais toujours le nez plongé dans mes livres. Je pouvais en lire quinze en une semaine, donc, très naturellement, je me suis imaginée travailler en bibliothèque. Le DUT info-com et métiers du livre, ce sont aussi les études qu’avait faites ma maman. Je me rends compte aujourd’hui que j’ai longtemps suivi ce qu’on attendait de moi.
Je n’ai finalement jamais travaillé dans ce milieu-là, car je n’ai pas passé les concours. Je suis très vite entrée dans la vie active, avec différents jobs alimentaires.
En arrivant en Bretagne, j’ai été embauchée dans une boucherie. Sur mon temps libre, je faisais des gâteaux que j’apportais à mes collègues. Puis les clients ont commencé à me demander de leur en préparer pour leurs événements. Mon patron m’a alors poussée à me former en pâtisserie et je me suis inscrite en CAP.
Mon année d’apprentissage a été assez compliquée. C’est un milieu difficile, où l’on trouve encore du management à l’ancienne, avec peu de reconnaissance du travail et une grosse différence de traitement entre les hommes et les femmes. J’ai terminé cet apprentissage en me disant que la pâtisserie, c’était fini pour moi ! (Rires)
Et le dernier jour, en me disant au revoir, mon patron m’a confié que j’étais l’une des meilleures apprenties qu’il avait eues. Je n’en revenais pas !
Après ma formation, j’ai trouvé un poste en biscuiterie. J’y ai passé six mois. L’entreprise et les responsables étaient sympas, mais c’était plus compliqué au labo. Pour moi, cette fois, c’était définitif : plus jamais je ne travaillerai en pâtisserie ou en restauration ! (Rires)
© Mathieu Alemany
© Mathieu Alemany
Devenir cheffe privée : la révélation
Au chômage, j’ai commencé un bilan de compétences et j’ai travaillé en extra pour des traiteurs. La première fois que je suis allée chez des clients avec la personne pour qui je travaillais, ça a été la révélation. C’était exactement ce que je voulais faire !
J’ai retrouvé le contact avec la clientèle, que j’avais complètement perdu en pâtisserie, mais aussi une forme d’autonomie. Même si j’étais au service de quelqu’un, mon point de vue était écouté. J’ai très vite réalisé que j’aimais énormément tout ça.
Pendant mon alternance, j’avais beaucoup cuisiné à la maison et mon amour pour la cuisine s’était vraiment développé à ce moment-là. En revanche, j’ai gardé quelque temps un léger traumatisme de la pâtisserie et j’ai mis un moment à le surmonter.
Au bout de quelques mois à travailler pour plusieurs traiteurs, l’idée de me lancer à mon compte commençait à me démanger ! (Rires) La plupart avaient un minimum de 15 ou 20 convives et ne prenaient pas les prestations en dessous : il y avait donc un créneau de libre.
En parallèle, je découvrais le métier de cheffe privée sur Instagram, notamment avec Océane Le Pape. Il y avait encore peu de concurrence autour de Lorient et dans le Morbihan.
Un peu naïvement peut-être, je pensais pouvoir continuer à travailler avec les traiteurs que je connaissais : ils pourraient m’envoyer les prestations trop petites pour eux et, de mon côté, je pourrais leur rediriger celles qui étaient trop grosses pour moi. Mais à partir du moment où je me suis lancée, les réponses se sont faites plus rares…
© Mathieu Alemany
© Mathieu Alemany
Se lancer à son compte et trouver sa place
J’ai créé mon entreprise en janvier 2025 et réalisé ma première prestation en mars. J’ai consacré les trois premiers mois à la communication. Je n’avais jamais passé autant de temps devant un ordinateur ! (Rires) J’avais toujours travaillé debout, dans le commerce.
J’étais présente sur des plateformes de chefs privés et c’est principalement ce qui m’a apporté mes premiers clients. Puis on m’a proposé de participer au salon du mariage L’Iode à l’Amour. Des mariés avec qui j’avais déjà échangé sont venus me rencontrer et faire une petite dégustation, et j’y ai aussi fait la connaissance d’autres prestataires. C’est après cette expérience que j’ai décidé d’ouvrir mon activité aux mariages.
En 2026, j’ai pris le temps de réfléchir à mon entreprise et à ma communication. J’ai suivi un challenge de Magaly Zarka et, après un live sur la rentabilité, j’ai réalisé que je n’étais absolument pas rentable ! (Rires) Je m’en doutais un petit peu…
J’ai ensuite intégré son Mastermind. J’ai énormément appris, travaillé ma communication et participé à des shootings d’inspiration. La première fois que j’ai vu mon travail mis en valeur par une photographe, j’ai pleuré en recevant les photos ! (Rires) Cet accompagnement m’a poussée à dépasser mes peurs et mes blocages. Il a fallu que je reconnaisse que j’avais ma place et que j’avais des choses à proposer.
Je n’ai jamais été autant moi-même qu’aujourd’hui. Je déteste l’idée de devoir rentrer dans une case, que ce soit d’un point de vue personnel ou professionnel. Globalement, plus ce que je fais dérange, plus j’ai envie de le faire ! (Rires)
© Mathieu Alemany
© Mathieu Alemany
Une cuisine inspirée par le monde
Je me déplace partout où l’on m’appelle, je ne me limite pas à la Bretagne. Mon rêve, c’est de pouvoir voyager grâce à mon travail. Je n’ai pas fait mon passeport pour rien ! (Rires) J’aimerais pouvoir consacrer les mois de janvier et février à voyager, découvrir d’autres gastronomies, suivre des cours et continuer à me former auprès d’autres chefs.
Dans la cuisine, mes inspirations viennent de partout dans le monde et les épices occupent une place importante. J’adore jouer sur les saveurs, les goûts et proposer des associations qui surprennent.
Je ne suis pas végétarienne, mais j’accorde beaucoup d’importance à la cuisine végétarienne. Pour moi, ce n’est pas concevable que les végétariens ne mangent que les accompagnements d’un plat. Je veux que leur proposition soit aussi bien travaillée qu’un plat avec de la viande ou du poisson.
J’essaie au maximum de cuisiner des produits locaux et de saison, mais je dois reconnaître qu’avec une cuisine inspirée du monde, tout ne peut pas être 100 % local. Je fais au mieux et j’essaie constamment d’améliorer cet aspect. J’ai trouvé, par exemple, un miso fabriqué du côté de Saint-Émilion. Je préfère rester honnête sur ce qui est faisable dans ma cuisine et ce qui ne l’est pas.
© Tomber en Amour
© Tomber en Amour
Des menus qui racontent l’histoire des mariés
Ce qui me tient à cœur pour les mariages, c’est le sur-mesure. Je n’ai pas de carte définie : j’ai envie de proposer quelque chose qu’on ne verra pas ailleurs. Et pour moi aussi, ce serait lassant de faire toujours la même chose.
Quand les mariés me contactent, on fixe un rendez-vous téléphonique pour discuter de ce qu’ils veulent et vérifier que cela correspond à ce que je fais. J’ai envie de travailler avec des gens qui me ressemblent et avec qui ça matche ! À la suite de ce rendez-vous, je leur envoie un questionnaire à remplir chacun de leur côté, pour avoir le point de vue de chacun.
Je leur demande évidemment s’ils ont des allergies, les produits qu’ils aiment et ceux qu’ils n’aiment pas, mais aussi quel est leur rapport à la nourriture et quels souvenirs ils y associent, individuellement et en tant que couple. Ça peut être des souvenirs d’enfance, des plats goûtés en voyage, quelque chose qui a un lien avec leur histoire… Par exemple, si la demande en mariage a eu lieu dans un restaurant.
Tout cela me sert de base pour faire une première proposition de menu, que j’affine ensuite en discutant avec les mariés. Il y a parfois des choses qu’ils avaient oubliées et qui reviennent au fil de la conversation, ou qui évoluent entre le premier et le deuxième échange.
Idéalement, pour un mariage, il faut me contacter un an à l’avance.
Des mariages en petit comité, autour du partage
Sur les mariages, je garde ma casquette de cheffe privée. Je travaille dans des lieux de réception qui disposent d’une cuisine ou dans des lieux privés, comme des villas pour des mariages à domicile. Je cuisine uniquement sur place.
Je préfère me limiter aux mariages en petit comité, avec 75 invités maximum. Mon format préféré reste entre 30 et 50 personnes. Je ne fais pas de service à l’assiette, sauf pour de toutes petites réceptions, jusqu’à 20 convives. Je propose plutôt des buffets, des cocktails dînatoires et des plats à partager.
J’aime beaucoup cette idée de partage, de générosité et d’échange entre les gens. Les mariés avec lesquels j’ai envie de travailler sont épicuriens : ils aiment manger et veulent que le repas soit un moment à part entière de leur mariage. Ça fait partie du souvenir de cette journée.
Je réalise les menus de A à Z, jusqu’au dessert. Malgré mon petit trauma avec la pâtisserie, je dois reconnaître que c’est un domaine dans lequel je suis douée et inspirée. Ça tombe bien, car on termine par le dessert ! (Rires) Ma spécialité, c’est la pavlova !
© Tomber en Amour
© Tomber en Amour
Créer du lien à travers la cuisine
En parallèle des mariages, je continue les résidences chez mes clients, pendant plusieurs jours ou plusieurs semaines, pour préparer leurs repas au quotidien. J’adore ça, car on développe une vraie relation. C’est une cuisine différente, moins spectaculaire parce que c’est celle de tous les jours, mais je conserve la même démarche de qualité, d’originalité et de goût.
Ce que j’aime dans mon métier, c’est le lien avec mes clients. Les mariages et les résidences en tant que cheffe privée, ce sont les prestations où j’en crée le plus, parce que j’accompagne les gens dans des moments particuliers.
Je cuisine d’ailleurs très peu pour moi : je cuisine pour les autres. Pour faire du bien à mes amis, à ma famille, à mes clients.
Je suis très contente d’avoir fait ce choix. Je me sens de plus en plus à l’aise dans mon métier et dans mon entreprise, et je suis de plus en plus fière de moi. J’ai mis beaucoup de temps à trouver ce qui me plaisait, à trouver ma voie. Et là, pour la première fois, j’ai le sentiment d’avoir trouvé mon métier, ce qui me fait vibrer et ce qui me donne envie de me lever le matin. Même quand c’est dur ! (Rires) Je ne changerais ça pour rien au monde.
Son conseil aux futurs mariés
Un conseil qui est valable pour tous les prestataires, c’est de choisir des gens avec qui vous pourriez être potes. Le mariage est censé être l’un des plus beaux jours de votre vie, mais avec toutes les émotions, on peut aussi être très vulnérable. C’est important de bien s’entourer.
Choisir des prestataires qui vous ressemblent, c’est aussi l’assurance d’avoir un mariage qui vous ressemble. Et c’est s’enlever un poids : on sait qu’on peut leur faire confiance.
Et surtout, arrêtez d’écouter les conseils des autres ! C’est votre mariage, votre journée. Invitez les gens que vous avez vraiment envie d’avoir autour de vous.
Pour la partie traiteur, c’est pareil : il ne faut pas la sacrifier. Il est tout à fait possible d’avoir un repas sur mesure. Il y a plein de possibilités ! »
© Audrey Le Bihan
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Les prestataires recommandés par Marie
Camomille : Fleuriste. « Pour le côté moderne et parce que c’est quelque chose qu’on ne voit pas ailleurs. »
Manuka : Fleuriste. « J’aime beaucoup son travail, c’est sublime ! Je suis amoureuse de son magasin et j’adore le côté romantique de ses créations. »
Bleuenn : Ferme florale. « Ce ne sont que des fleurs locales et de saison, avec un style très coloré. J’adore ce qu’elle fait ! »
Eñvor Film : Vidéaste. « J’ai eu l’occasion de travailler avec Flo, c’est une personne que j’adore, elle est solaire, vraiment adorable et son travail est incroyable. »
Zoom and Shoot : Vidéaste. « Je l’ai rencontré au salon L’Iode à l’amour, je crois que c’est le premier vidéaste que j’ai rencontré et j’ai eu un coup de cœur pour son travail. Les images sont belles et il a un vrai talent pour les bandes-son de ses vidéos ! »
Tomber en Amour : Photographe. « C’était la photographe de mon premier shooting et la première à m’avoir fait pleurer en découvrant mon travail si bien mis en valeur ! »
Audrey Le Bihan : Photographe. « On a travaillé ensemble sur un autre shooting et j’ai aussi pleuré pour ses photos ! Il y a une vraie délicatesse dans son regard sur les choses et dans la manière dont elle le transmet dans son art. »
Les Hauts du Fort : Lieu de réception, villa. « J’y fais des résidences, le lieu est incroyable et la vue est sublime. C’est super pour les petits mariages. »
La Cave des Embruns : Caviste. « C’est mon caviste, David ! Un vrai partenaire pour mon activité, mais surtout un caviste ancien sommelier de talent, avec une personnalité incroyable, tout ce que j’aime ! Et Samuel, son alternant, vrai bras droit dans son activité, qui est également d’excellent conseil et qui offre un accueil parfait en boutique ! »
Mak Nella : Maquilleuse et coiffeuse. « J’aime beaucoup son style, c’est très naturel et délicat. »
Alcohol Free Experience : Cocktails sans alcool. « On s’est déjà croisés à plusieurs reprises et j’ai été bluffée par ses cocktails sans alcool ! Il est passionné et cela se ressent. Je le recommande à tout le monde, même à ceux qui boivent de l’alcool ! »
CelloPhonies : Violoncelliste. « Découverte au salon L’Iode à l’amour, elle m’aura donné quelques frissons lors de ses démonstrations ! »
Maison Hibi : Bijoux en fleurs séchées. « De très belles créations colorées faites pour durer dans le temps ! »
Alice Live Artist : Live Painter. « Le live painting est une vraie tendance sur le mariage désormais, et Alice n’est pas juste une bonne dessinatrice, elle propose des dessins avec une vraie identité, et ça, forcément, ça me plait ! »