Les Herbes Hautes - Fleuristes
Rencontre avec Hélène et Pauline
Pour Hélène, l’amour des fleurs remonte à l’enfance, une évidence qui l’a longtemps accompagnée avant de se transformer en véritable métier. Architecte paysagiste de formation, elle réalise rapidement que ce qui l’anime, c’est moins les plans dessinés sur ordinateur que le contact direct avec la nature. De son côté, Pauline rejoint l’aventure quelques années plus tard, apportant son énergie et un regard neuf. Très vite, entre elles, ça matche : une même sensibilité, un même goût pour les belles compositions et l’envie commune de bousculer les codes.
Ensemble, elles font grandir Les Herbes Hautes, un atelier floral où chaque création raconte une histoire, sublimée par des fleurs locales et de saison. Plus qu’un simple choix esthétique, c’est un engagement fort : privilégier les circuits courts, valoriser le savoir-faire des producteurs et imaginer des compositions en harmonie avec la nature. Un équilibre subtil entre instinct créatif et rigueur artisanale, nourri par une complicité qui rend leur travail encore plus fluide et inspirant.
À travers cette interview, elles reviennent sur leur parcours, leur vision du métier et la manière dont elles conçoivent chaque mariage comme un tableau vivant, façonné au fil des saisons, des émotions… et de leur duo bien rodé.
© Marianne Bouchet
Du rêve d’enfance à la reconversion
Hélène : « Architecte de formation, j’ai pourtant toujours su que je voulais être fleuriste. Dès la maternelle, je disais qu’un jour j’aurais ma propre boutique de fleurs. (Rires) J’ai même des amis d’enfance qui s’en souviennent encore ! Cette envie ne m’a jamais quittée. À l’adolescence, j’ai confié à ma mère mon souhait de passer un CAP pour ouvrir ma boutique. Elle m’en a dissuadée, car elle pensait surtout aux contraintes du métier. Et il faut dire qu’à l’époque, les commerces de fleurs n’avaient rien à voir avec celles d’aujourd’hui : l’approche était bien plus classique.
J’ai étudié l’architecture… et j’ai adoré ! J’y ai fait de belles rencontres et, tant qu’à être lancée, j’ai poussé jusqu’au master. Une fois diplômée, j’ai rapidement trouvé du travail en tant qu’architecte paysagiste. Pendant trois ans, j’ai dessiné des parcs et jardins pour des projets incroyables… mais toujours derrière un écran. Moi qui rêvais d’être sur le terrain, je me suis retrouvée à tout gérer à distance. Très vite, j’ai réalisé que j’avais besoin d’un métier plus manuel. En 2013, j’ai pris la décision de me reconvertir et j’ai passé mon CAP fleuriste.
© Geoffrey Arnoldy
© Geoffrey Arnoldy
L’atelier floral parisien : le début de l’aventure
Hélène : À l’époque, je vivais encore à Paris. J’ai travaillé six mois chez un fleuriste, puis les choses se sont enchaînées naturellement. Rapidement, j’ai a eu de plus en plus de demandes, et il a fallu trouver un local.
Puis, il y a eu une rencontre décisive : Lorafolk, créatrice de robes de mariée, m’a proposé d’animer un atelier de couronnes de fleurs lors du lancement de sa nouvelle collection. C’est là que j’ai croisé Nessa, du blog La Mariée aux Pieds Nus. À l’époque, nous étions très peu à proposer ce type de travail. Elle a référencé mon atelier sur son blog, et tout s’est accéléré. J’ai trouvé cet univers fascinant, et sans vraiment m’y attendre, il ne m’a plus quittée. Aujourd’hui, je ne pourrais pas imaginer faire autre chose, j’adore !
Pauline a rejoint l’aventure en 2019, une période assez mouvementée avec le COVID. Ça a été un vrai défi de continuer à faire vivre l’atelier, mais aussi une opportunité : on s’est retroussé les manches, on a lancé un e-shop de fleurs séchées, développé des ateliers, renforcé notre présence sur l’événementiel, etc.
L’ouverture de la boutique Les Herbes Hautes à Nantes
Pauline : La décision de déménager à Nantes s’est imposée peu à peu à cette période, autant pour moi que pour Hélène. On aimait toutes les deux cette ville qui nous rapprochait de notre Bretagne de cœur. Nous nous y sommes installées en juillet 2022.
Pendant les premiers mois, on a travaillé dans le garage d’Hélène avant d'ouvrir la boutique en décembre. C’est un lieu hyper chouette, les gens sont toujours enchantés en entrant. On y anime des ateliers tous les samedis et l’on propose aussi des formations pour les fleuristes qui veulent explorer un style plus moderne et apprendre nos techniques. C’est un format complémentaire au CAP, pour ceux qui souhaitent se diversifier et s’éloigner du traditionnel.
Hélène : J’ai tout de suite senti le potentiel du lieu, et c’était une super opportunité pour nous faire connaître et développer notre réseau. La boutique nous permet également de varier notre activité hors saison, notamment à Noël, où c’est important d’avoir un espace physique. On y vend des créations françaises et locales — foulards, bougies, petites pièces artisanales, etc. Et ça nous apporte un vrai renouveau : après douze ans dans le métier, c’est une nouvelle dynamique qui nous pousse à évoluer !
© Joy Zamora
© Joy Zamora
Fleurs françaises et engagement écoresponsable
Hélène : Notre objectif est d’utiliser exclusivement des fleurs françaises, et l’on y parvient de plus en plus. Aujourd’hui, réussir à décorer des mariages avec 100 % de fleurs françaises est une vraie fierté pour nous. On adhère au Collectif de la Fleur Française, un engagement qui nous tient à cœur et qui nous distingue aussi auprès de nos clients. Beaucoup nous choisissent justement parce qu’ils savent que l’on privilégie les fleurs locales et de saison.
On travaille principalement avec une ferme florale située à Orvault, à quelques kilomètres de chez moi. D’une semaine sur l’autre, on sait quelles variétés seront disponibles, et je vais les récupérer directement sur place. Parfois, j’accompagne la productrice dans les champs et elle coupe les fleurs devant moi. C’est un moment un peu magique, une façon de travailler complètement différente de ce qu’on connaissait avant. Et puis, on glane beaucoup aussi pour dénicher la petite touche champêtre ou la fleur sauvage qu’on ne trouverait pas ailleurs. Bien sûr, cela demande une autre logistique : on est tributaires de la météo, des stocks, des aléas de la nature, etc. Mais on adhère à fond à cette démarche, et on en est très fières.
Pauline : Dès les premiers échanges avec nos mariés, on aborde la question des fleurs françaises, et leur adhésion est quasi immédiate ! Certains viennent justement vers nous pour cette raison, tandis que d’autres n’y avaient pas forcément pensé. Mais en découvrant que les fleurs, comme les fruits et légumes, suivent une saisonnalité, ils sont très ouverts et enthousiastes. C’est cool de voir cette prise de conscience et cet engouement, et cela nous motive d’autant plus à poursuivre dans cette voie.
© Sabine Legrand
© Sabine Legrand
Une ambiance florale unique pour chaque mariage
Pauline : Les futurs mariés nous découvrent souvent sur Instagram, et je suis généralement leur première interlocutrice. Quand ils nous contactent, par mail ou par téléphone, on commence toujours par un échange sur leur histoire, leurs envies et l’ambiance qu’ils imaginent pour leur mariage. Ensuite, je leur envoie notre catalogue, un document de 180 pages que l’on met à jour chaque année. On leur laisse le temps de le parcourir, car c’est dense et détaillé. C’est un outil précieux qui leur permet de visualiser nos réalisations classées par thèmes — bouquets, boutonnières, accessoires, centres de table, etc. — avec les prix correspondants. Ils peuvent ainsi piocher des idées, affiner leurs envies et surtout avoir une première estimation du budget à prévoir. Ce catalogue les aide aussi à penser aux détails qu’ils n’auraient peut-être pas envisagés, notamment sur les différentes options possibles en décoration florale. Cela leur permet de mieux structurer leur projet avant même l’établissement du devis.
Souvent, les futurs mariés ne savent pas précisément ce dont ils auront besoin, ils demandent plutôt un style, des couleurs ou des ambiances. Certains sont un peu perdus et ont envie d’un véritable accompagnement, tandis que d’autres préfèrent des échanges plus concis, généralement par mail. Chaque couple est différent ! Mais ils nous choisissent pour notre univers et notre savoir-faire : on affine ensemble leurs inspirations, leurs couleurs, et on a toujours une super relation.
Hélène : Après un premier contact téléphonique avec les mariés pour cerner leurs attentes et l’envoi du catalogue par Pauline, on leur transmet un devis. Puis on aime organiser une rencontre ou une visio pour affiner les détails.
Le récap des fleurs est une des plus grosses parties de notre travail : avant même de recevoir les fleurs, on sait exactement à quoi vont ressembler chaque composition et chaque arrangement. Tout est déjà clair dans nos esprits grâce au moodboard et aux échanges avec les couples. Une bonne fleuriste événementielle doit savoir visualiser dans l’espace et anticiper ce qu’elle va proposer. Pour chaque création, on établit une liste détaillée des fleurs, en réfléchissant aux volumes, aux harmonies de couleurs et aux variétés à privilégier. Cela demande un gros travail de préparation, entre la sélection des fleurs, la prise de contact avec nos fournisseurs (fermes florales, MIN), et la gestion des commandes. Et une fois tout ce travail effectué, c’est la récréation : on passe à la création des compositions !
On prépare les fleurs le jeudi et le vendredi, puis on installe le samedi. Il arrive qu’on se lève aux aurores le samedi matin pour être sûres que tout soit prêt à temps, ou lorsque l’on enchaîne deux mariages dans la même journée ! On travaille principalement sur grillage, donc l’installation se fait sur place. C’est aussi un vrai plus pour les mariés : on est présentes sur le lieu de réception, ce qui nous permet de nous adapter à la météo et de réagir aux imprévus avec beaucoup de flexibilité. Certains mariés préfèrent venir chercher leurs compositions la veille et gérer eux-mêmes la mise en place !
© Solène Lagant
© Solène Lagant
Une aventure partagée avec les mariés
Pauline : À chaque mariage, il y a ce petit frisson magique ! C’est un métier très saisonnier quand on se spécialise dans l’événementiel. L’hiver est plus calme, c’est une période où l’on travaille en coulisses, mais dès que les beaux jours reviennent, on sent l’excitation monter. Avril marque le début de la saison, et on a hâte que ça commence ! Ce qu’on aime aussi, c’est accompagner nos mariés et les aider à faire les bons choix. Et s’il y a un premier conseil à leur donner, c’est de prendre de l’avance. Si les fleurs sont un élément important du mariage, car elles apportent une vraie chaleur et font vivre les différents moments de la journée : la cérémonie, le cocktail, le dîner… Il ne faut pas les négliger.
Hélène : Et on pense aussi beaucoup aux photos ! Pendant la cérémonie notamment, les compositions florales sont un vrai plus, à la fois pour les souvenirs et pour l’ambiance générale. On essaie toujours de proposer des arrangements qui peuvent être déplacés et réutilisés sur différents lieux dans la journée.
Pauline : Ça permet de faire des compositions plus généreuses et d’en profiter plus longtemps, parfois même jusqu’au brunch du lendemain. Et puis, un conseil qui nous tient à cœur : privilégier les fleurs françaises ! C’est dommage de choisir des fleurs qui viennent de l’autre bout du monde alors qu’on a des producteurs incroyables ici.
Hélène : Autre point essentiel : déléguer et faire confiance. C’est top de partager des inspirations, mais il faut aussi savoir lâcher prise pour savourer sa journée. C’est notre métier, on est là pour ça ! Quand un couple nous dit « On vous fait confiance, éclatez-vous », c’est un vrai plaisir. On adore, et ça nous permet d’aller encore plus loin dans la création.
Pauline : En général, on a quelques indications, des codes couleur, mais ils nous ont choisies pour notre travail, donc ils sont sereins. Parfois, il faut recadrer certaines inspirations pour les adapter au projet, mais on trouve toujours la bonne solution. Et surtout, on a des relations incroyables avec nos mariés ! »








© Emma Boone

© Emma Boone

© Geoffrey Arnoldy

© Geoffrey Arnoldy

© Joy Zamora

© Joy Zamora

© Marianne Bouchet

© Marianne Bouchet

© Marion Billou

© Marion Billou

© Sabine Legrand

© Sabine Legrand

© Solene Lagant

© Solene Lagant

© Solene Lagant

© Fanny Paris
Les prestataires recommandés par Hélène et Pauline
Mathieu Alemany : Photographe.
Marianne Bouchet : Photographe.
Dorothée Buteau : Photographe.
O Bonheur des Dames : Wedding design, location de décoration. « On travaille souvent avec Faustine, on adore bosser avec elle. Elle a énormément d’objets et de mobilier en location ! »
Le Petit Saint Thomas : Traiteur. « Ils sont tops ! »
Éco-domaine La Fontaine : Lieu de réception. « C’est à Pornic, le lieu est très très beau. Il y a des vignes, c’est presque à flanc de falaise : la cérémonie peut avoir lieu devant l’océan ! Et ils ont toute une démarche écoresponsable. »
La Vallée de La Roche : Lieu de réception.
Les Herbes Hautes - Fleuriste à Nantes et en Bretagne
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