Café Enez - Traiteur de mariage en Bretagne
Rencontre avec Mahaut Le Lagadec
Avant d’ouvrir le Café Enez à Douarnenez, Mahaut travaillait dans le secteur culturel. Chargée de production, elle accompagnait des compagnies et des institutions en France comme à l’étranger, au plus près des artistes et de leurs créations.
La cuisine, elle, s’invite progressivement dans son parcours. Une première expérience derrière les fourneaux vient déplacer les lignes et ouvrir de nouveaux horizons. Stages, rencontres avec des producteurs et productrices, saisons dans différents restaurants… Après ce premier déclic, l’envie de cuisiner s’impose, jusqu’à l’idée d’un lieu qui lui ressemble.
Avec le Café Enez, face aux halles de Douarnenez et à quelques pas du Rosmeur, Mahaut propose aujourd’hui une cuisine végétale et iodée, intuitive. Au fil des saisons, elle compose ses assiettes avec ce que les producteurs du coin ont à offrir, laissant une large place aux légumes, aux produits de la mer et aux associations inattendues.
Cette cuisine vivante, construite autour des produits du moment, s’invite aussi sur les grandes tablées de mariage à travers toute la Bretagne. Avec son équipe, Mahaut y imagine des repas généreux et créatifs, pensés pour rassembler et surprendre, tout en restant fidèles à sa manière de cuisiner : libre, saisonnière et profondément ancrée dans le territoire.
Dans cette interview, Mahaut revient sur son parcours, sa vision de la cuisine, et sur la manière dont elle imagine aujourd’hui son activité de traiteur de mariage : simple, créative et engagée.
© Anne-Claire Héraud
Café Enez, un lieu vivant à Douarnenez toute l’année
« J’ai ouvert le Café Enez en juillet 2024. Très vite, il y a eu une belle émulation, des habitués, des visages que l’on revoit, des discussions qui s’installent.
J’ai fait le choix d’ouvrir toute l’année, ce qui n’est pas si courant dans une ville balnéaire comme Douarnenez. C’était important pour moi d’insuffler cette dynamique-là : permettre aux gens qui vivent là à l’année d’avoir des choses à faire, des lieux où se retrouver, que toutes les portes ne soient pas closes dès que la saison se termine.
Il y a un véritable équilibre à trouver. Les mois hors saison sont plus calmes, forcément. Ce n’est pas toujours simple. Mais je crois que les personnes qui viennent ici ou qui font appel à nous pour des prestations traiteur comprennent cette réalité. Elles savent que c’est un choix engagé.
Il m’a fallu presque deux ans pour déterminer le bon rythme. Au début, nous n’étions que deux, et ce n’était pas suffisant. Puis trois, puis quatre… Aujourd’hui, nous sommes cinq à nous partager le temps au café. Et l’été, l’équipe passe à sept !
© Café Enez
Avant la cuisine, un parcours dans le secteur culturel
Avant de faire de la cuisine, j’étais chargée de production dans le secteur culturel. Je m’occupais de toute la partie juridique, budgétaire et logistique des spectacles, au sein de différentes structures : des compagnies de danse, des théâtres, des Instituts français, etc., en France comme à l’étranger.
J’ai fait Sciences Po, puis un master en management des organisations culturelles à Paris Dauphine. J’aimais beaucoup ce que je faisais. Je trouvais que ça avait du sens d’être au contact des artistes et de contribuer à faire entendre leurs voix et leurs propos.
En 2020, je suis revenue en France et j’ai décidé de me former à la cuisine. J’aimais déjà cuisiner, mais je ne m’étais jamais dit : « Allez, je me lance, j’apprends la technique ». C’est vraiment le premier stage que j’ai fait qui m’a ouvert cette porte.
Je l’ai réalisé dans un restaurant qui s’appelle Bonne Aventure, à Saint-Ouen. J’y ai rencontré une cheffe incroyable, avec qui je suis toujours très amie aujourd’hui. Elle m’a montré qu’on pouvait faire des choses super intéressantes en cuisine, qu’on pouvait aussi y amener de la culture. C’est quelque chose qui me parlait beaucoup.
Son restaurant s’était installé dans les puces de Saint-Ouen, dans un quartier en plein bouleversement économique et social. Et malgré ça, elle arrivait à proposer une cuisine exigeante, mais accessible, qui parlait à tout le monde.
Au départ, je n’ai pas passé mon CAP dans l’idée de devenir cuisinière. Je voulais plutôt mettre un pied dans le secteur de l’alimentation pour rencontrer des producteurs et des productrices, des personnes engagées dans l’agriculture, et organiser des événements autour de ces questions-là.
Mais ce premier stage m’a tellement plu que j’ai compris que ce que je voulais vraiment, c’était cuisiner.
Avec le recul, je me dis que c’est aussi une question de hasard. J’aurais pu tomber sur un stage difficile, dans une cuisine violente ou peu respectueuse de l’environnement, et je pense que ça ne m’aurait pas donné envie de continuer. Là, j’ai eu la chance de faire de belles rencontres, et ça a tout changé.
© Café Enez
© Café Enez
Du blog culinaire aux cuisines bretonnes
À ce moment-là, j’ai aussi lancé un blog qui s’appelait Ventre Archives. J’allais à la rencontre de producteurs et de productrices, je les interviewais, je passais du temps avec eux. C’était une manière pour moi de poursuivre l’exploration de ce monde-là.
En parallèle, j’ai continué à faire plusieurs stages en cuisine. Je suis originaire de Rennes, mais j’avais beaucoup bougé en dehors de la Bretagne avant de revenir m’y installer à partir de 2021.
Avant d’arriver à Douarnenez, j’ai travaillé dans différents restaurants au fil des saisons. J’ai aussi été sollicitée pour mes services de cheffe privée pour des dîners ou de grands banquets, parfois dans des lieux assez insolites, comme le Jeu de Paume à Rennes.
Juste avant d’ouvrir le café, j’ai travaillé dans un restaurant à Lancieux, qui s’appelle Les Sardines à la plage. Ça a été l’une des plus belles expériences que j’ai vécues.
C’était une cuisine très libre, très spontanée, qui s’affranchissait de beaucoup de contraintes. Il n’y avait pas d’obligation de proposer le même menu quotidiennement. Au contraire, on faisait avec ce qu’il y avait dans les frigos. Si c’était le dernier jour avant le week-end et qu’il restait peu de choses, on inventait, on bricolait, on composait avec ce qu’on pouvait aller pêcher ou ramasser, comme les algues, par exemple.
Ça a été une vraie claque pour moi. Je crois que c’est à ce moment-là que j’ai eu l’intuition que j’avais envie d’ouvrir un lieu à moi. J’ai cherché pendant un an et demi avant de trouver cet endroit à Douarnenez. J’y étais déjà venue plusieurs fois, sans forcément imaginer m’y installer. Et puis l’opportunité s’est présentée.
© Café Enez
Une cuisine végétale et iodée
Ici, je propose une cuisine très végétale, iodée aussi. Le midi, on sert une formule entrée-plat-dessert, ainsi que des sandwichs. C’est une approche très locale, vraiment ancrée dans son territoire.
Je fonctionne de manière assez intuitive. Si l’on est samedi, par exemple, le dernier jour d’ouverture de la semaine, je ne vais pas racheter plein de produits pour le service. Je préfère utiliser mon stock et cuisiner avec ce qu’il reste. Souvent, ça m’amène à créer des associations auxquelles je n’aurais jamais pensé autrement, à tester des choses que je n’aurais peut-être pas osé faire. Et il y a généralement de très bonnes surprises.
Il y a aussi beaucoup de poissons et de produits de la mer dans nos plats. La viande n’est pas prioritaire, et les gens qui viennent manger au café le savent. J’ai ce qu’il faut pour fumer le poisson, ça ouvre plein de possibilités. Tous les produits sont locaux, issus de maraîchers bio ou en agriculture raisonnée.
Le goût avant tout
Ma cuisine est végétale avant tout. Je construis mes plats autour du légume : ses saveurs, sa texture, les associations qui fonctionnent bien avec lui.
Je ne cherche pas forcément à reproduire une cuisine étrangère, même si certaines inspirations peuvent apparaître. Dans l’équipe, une personne est très influencée par les saveurs asiatiques, donc nos deux approches se croisent parfois et donnent des plats avec quelques notes asiatiques.
Je dirais que ma cuisine est raffinée dans le sens où elle est travaillée, mais elle reste faite de produits simples. Avant l’esthétique d’un plat, je travaille le goût : pour moi, c’est vraiment l’essentiel.
On propose aussi une sélection de vins ainsi que des boissons infusées maison, avec des options en soft comme en alcool, toujours bio et nature.
© Café Enez
© Café Enez
La table du Café Enez pour les mariages en Bretagne
Avant d’ouvrir le restaurant, je cuisinais déjà pour des mariages lorsque je travaillais comme cheffe privée. Maintenant que j’ai ma propre cuisine depuis deux ans, je trouve ça chouette d’en sortir de temps en temps et d’aller me confronter à des formats différents.
Les futurs mariés nous demandent parfois des choses que l’on ne fait pas forcément au café. Ça nous pousse à nous challenger, à sortir un peu de notre zone de confort. Et puis, c’est aussi l’occasion d’aller créer d’autres moments ailleurs, tout en y apportant notre identité.
Avec une bonne organisation en amont, on peut cuisiner pour des mariages de 200 invités, voire 250. Mais la plupart du temps, les mariages pour lesquels on nous contacte réunissent plutôt entre 100 et 130 personnes.
Pour des réceptions plus petites, autour de 80 convives, on peut proposer un service à l’assiette. Quand les invités sont plus nombreux, on privilégie souvent des plats à partager, qui facilitent le service et créent une atmosphère plus conviviale. Et il est aussi tout à fait possible d’opter pour un buffet.
Ceux qui le souhaitent peuvent également faire appel à nous pour les retours de noces, comme les brunchs du lendemain.
Une équipe qui accompagne les mariés partout en Bretagne
Pour les mariages, je viens avec mon pâtissier. L’un des cuisiniers de l’équipe est passé par de grandes maisons de pâtisserie à Paris, c’est lui qui s’occupe des desserts !
J’emmène aussi quelques personnes de l’équipe de salle du café et je recrute localement pour compléter si besoin.
Les futurs mariés me contactent principalement par bouche-à-oreille, car je communique encore peu sur cette activité traiteur. Certains viennent manger au café, puis me rappellent parce qu’ils ont aimé la cuisine. D’autres viennent même spécialement pour tester. Ensuite, on échange par téléphone, en visio ou par mail, selon ce qui leur convient le mieux.
Je me déplace dans toute la Bretagne, mais pas au-delà. Et je suis disponible pour des mariages toute l’année : je serais même ravie de faire davantage de mariages d’hiver.
En dehors des mariages, il est aussi possible de privatiser le café pour des anniversaires ou des PACS. Je ne fonctionne pas avec un tarif fixe, mais plutôt avec un nombre minimum de personnes, ce qui rend les choses assez simples à organiser.
© Café Enez
© Café Enez
Imaginer un menu qui raconte une histoire
Ce que je trouve très beau dans les mariages, c’est quand le menu raconte quelque chose des mariés. Par exemple, certains se sont rencontrés au Japon ou en Italie et me demandent si l’on peut imaginer quelques inspirations dans ce sens-là. J’aime bien cette idée qu’il y ait une histoire derrière ce que l’on mange.
Mais la plupart du temps, j’ai carte blanche et ça, c’est assez chouette.
Quand un menu est validé, les mariés savent qu’il reste toujours soumis à la disponibilité des produits. Je travaille avec des producteurs locaux et des produits de saison, donc il peut y avoir des ajustements selon ce que l’on trouve au marché. En général, les gens qui font appel à moi savent très bien comment je cuisine et comprennent complètement cette manière de faire.
Et si je devais donner un conseil aux futurs mariés, ce serait de s’écouter avant tout.
J’ai parfois l’impression que certains acceptent un menu imposé par leurs parents. Comme ils participent financièrement, les mariés se sentent obligés de faire des compromis et de rester sur quelque chose de très classique.
Mais pour ceux qui ont envie de sortir des sentiers battus, il existe aujourd’hui de plus en plus de traiteurs qui proposent une cuisine plus naturelle, plus libre. Et ça peut vraiment donner un repas de mariage qui leur ressemble ! »
Contactez Mahaut© Anne-Claire Héraud